Collections européennes + appréciations et commentaires à propos des miniatures autos motos fourgonnettes cyclos nouveautés en kiosques ou non.Présentation de collections européennes.
Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, j’apprécie beaucoup les miniatures qu’on ne trouve pas
souvent. Aussi, ne suis-je pas fasciné par les DINKY TOYS bien qu’elles aient constitué une partie du décor de mon enfance. Bref, je suis plutôt attiré par les miniatures qui paraîtront originales car rarement vues, encore plus rarement disponibles à la vente. Bizarrement, bien que les
DINKY se trouvent chaque jour, ces miniatures « que je qualifie donc d’originales » se trouvent plus rarement car fabriquées en quantités nettement moins importantes. De plus certaines d’entre
elles étant dans des matériaux cassants, leur rareté s’en trouve renforcée. Et malgré tout ça, le prix n’est pas forcément élevé car si l’offre est faible, il semblerait que, actuellement, la
demande le soit encore plus. La loi de l’offre et de la demande nous réserve donc des prix beaucoup plus abordables que pour les DINKY pour ne citer que celles-là.
Dans le cadre de ces miniatures originales, celles qui m’attirent
particulièrement sont celles « en tôle ». Car, finalement, comme disent les publicistes, « elles ont tout d’une grande » puisque en tôle… Bon d’accord, les grandes ne sont plus guère en tôle…
mais ce n’est pas de ma faute, si, de nos jours, les autos ont tout d’un jouet (ou d’un toy): résine, électronique, etc… !
Aujourd’hui nous n’aborderons qu’une seule marque de miniatures PEUGEOT en tôle : les JOUETS DE
ANDREIS.
C’est assurément une marque dont on n’entend pas souvent parler. Les articles qui lui sont consacrés, même dans les revues spécialisées, sont rares. Certes j’ai dû
manquer certains d’entre eux.
Un jour, je suis contacté par un brocanteur généraliste qui ayant appris, je ne sais comment, que je collectionne les miniatures PEUGEOT, me dit qu’il en a trouvé
une en tôle d’une quinzaine de centimètres. Intrigué par cet objet dont il ignore tout et surtout le prix auquel il peut espérer le vendre, il me suggère de bien vouloir passer sur son stand lors
des puces qui ont lieu le dimanche suivant. Rendez-vous est pris.
J’avoue que je suis très intrigué. Je ne sais pas s’il attend de moi une « expertise » bien que je ne sois nullement expert, ou simplement que je me porte
acquéreur de cet article qu’il suppose rare, puisque comme il dit, « même au Musée de Sochaux, ils ne le connaissent pas ». Je me rends dans la vieille ville où ont lieu les puces ; je parcours
les rues encombrées, et je trouve enfin le stand concerné. De suite j’aperçois trônant sur un poste de radio lui-même trônant sur une commode juchée sur le trottoir, contre une façade, une
miniature rouge jaune et noir, en quête d’identité.
Je m’approche, saisis l’objet pour en apprécier les détails. Il s’agit d’une fourgonnette genre « caisse carrée », aux couleurs rouge et bouton d’or, toit
noir. Le nom de l’entreprise est « SERVICE ROUTIER SR ». L’arrière indique que les départs sont journaliers. ». Les vitres sont elles aussi en tôle, et la silhouette d’un chauffeur apparaît sur
les vitres latérales, mais pas sur le pare-brise. Le toit s’ouvre, formant couvercle. Les roues sont chaussées de pneus DUNLOP. L’objet est un peu rouillé, mais quand même dans un très bel état.
Bien sûr le brocanteur se doute de mon identité, et devant la preuve de mon « inexpertise », donc de ce qu’il déduit être la preuve de la rareté d’un tel objet, annonce un prix qu’il vient sans
doute à l’instant même de réviser à la hausse. Mais la calandre confirme, sans contestation possible, qu’il s’agit bien d’une 201 PEUGEOT. Le châssis porte la mention « FABRICATION FRANCAISE ».
La phase de discussion sera courte, car j’ai peu d’arguments pour négocier, et je repars quand même avec le « précieux » objet emballé dans un journal. Ce jour-là, il pleuvait, donc à peine
arrivé à la voiture sans attendre le retour à la maison, je déballe la fourgonnette, pour la tamponner avec un linge sec afin d’effacer ce que je souhaite à cette miniature être les derniers
outrages du temps.
Je connais à l’époque, assez bien les jouets CR donc je sais qu’il ne s’agit pas de cette marque. Mais un jour, en lisant, je crois un article de Mick DUPRAT sur
les jouets en tôle paru si j’ai bonne mémoire dans AUTOMOBILIA, j’apprends l’existence d’une marque « DE ANDREIS ». A l’époque internet n’existe pas et il est difficile de chercher, et donc de
trouver des informations sur cette marque qui me semble avoir bénéficié d’une diffusion réduite dans l'est de la France.
A force d’acheter les catalogues de ventes aux enchères, de rechercher tout document susceptible de me renseigner je finis par apprendre qu’il existe plusieurs
décorations de cette miniature.
Ainsi, lors d’une vente aux enchères à Chartres, je fais l’acquisition
de la version « LORENZY PALANCA » parfumerie. Cette fois les roues sont chaussées de pneus MICHELIN.
à remarquer les pneus « MICHELIN ». La silhouette du chauffeur n’apparaît que sur les vitres latérales, pas sur le
pare-brise.
La calandre confirme, sans contestation possible, qu’il s’agit bien d’une 201 PEUGEOT
Depuis, internet est apparu, il est plus facile d’obtenir des informations, mais aussi plus facile d’être mal informé. Avec l’apparition d’internet, les ventes aux
enchères sont quotidiennes, C’est bourse tous les jours. Et ceci m’a permis de trouver plusieurs autres versions de cette miniature :
- une version LUCKY SWEET jaune et noir.
- une version Ambulance militaire qui n’est pas kaki, mais blanche et
rouge (ou garance peut-être ?). Dans ce dernier cas, le toit n’est pas noir, mais blanc frappé d’une énorme croix rouge (pour que les avions ne bombardent pas cette ambulance
certainement).
Grâce à internet et aux moteurs de recherche, j’ai pu trouver un site
sur lequel j’ai appris que cette marque est d’origine marseillaise.
Outre ces 4 versions mentionnées plus haut, il existerait encore au moins 3 autres versions, que personnellement je n’ai jamais vues : - une version KREMA bonbon au beurre :
- une version Bonbon LORIOT :
- une version « LE CHAMPION » caramel mou et toffées :
Un site consacré aux jouets originaires de Marseille nous apprend ceci
:
"Ets G. De Andreïs S.A"_(EGDA) En 1922 Giacomo De Andreïs, génois d'origine, s'installe à Marseille, 33 rue St Esprit
(Alfred Curtel, Marseille 10em) dans le quartier de la Capelette. Cet imprimeur sur métaux réalise des boîtes métalliques illustrées, des panneaux publicitaires et des jouets en tôle
lithographiée. Le 21 janvier 1936, son fils, M. Mario De Andreïs, dépose la marque EGDA et signe à partir de cette date, sous ce sigle, les jouets en tôle lithographiée produits par les Ets De
Andreïs. Durant la guerre (1941) parallèlement à son activité d'imprimeur Mario De Andreïs s'associe avec François Lembo et fonde la Société SELIC. Le siège est établi Place Maréchal Gallieni
(Jules Guesde) puis en 1951 l'entreprise déménage au 51 Bd de la Cartonnerie (Marseille 11em) . Les Ets De Andreïs occupent dés avant guerre à Marseille une place importante. Tant par leur
spécialité, la qualité de leurs productions et les diverses collaborations qu'ils nouent tout au long de leur existence avec d'autres fabricants de jouets. En 1961, l'entreprise est absorbée par
les Ets J.J Carnaud & Forges de Basse Indre, un imprimeur de la région parisienne.
Carte reconstituée à partir de l ’emplacement de l’usine « EGDA », sise au 33 rue St Esprit à Marseille (10 e arr.). Cet établissement est devenu aujourd’hui un bâtiment municipal.
Mais ce site nous apprend aussi que cette marque n’a pas fabriqué que
des 201 fourgonnettes. On peut aussi trouver des toupies en tôle, d’autres autos, un appareil de cinéma, et entre autres, un jeu de chevaux de course intitulé « le grand prix ». La société EGDA, c’est à dire les Etablissements G. De ANDREIS étaient spécialisés vous
l’avez compris dans la chromo-lithographie sur métaux. Elle a fabriqué aussi au moins un superbe avion. Ainsi qu’une épicerie (bien sûr) moderne !
Ces jouets sont absolument charmants, Ils ont dû faire le bonheur de bien des enfants. Ils ont été conçus avec beaucoup de goût, de générosité, Et ils méritent une
place de choix dans le cœur des collectionneurs que nous sommes.
Le toit forme couvercle:
Quand un enfant que je sais soigneux vient à la maison, c’est avec plaisir que je lui confie quelques instants une de ces fourgonnettes, tout simplement afin que
la magie perdure, et que ce jouet revive pleinement sa raison d’être.
CN3
Adresse du site sur lequel j’ai trouvé pas mal de renseignements et de photos
:
Certaines des photos ci-dessus sont extraites de ce site. Nous les publions ici avec l’autorisation du
webmestre concerné que nous remercions vivement.
Adresse du site consacré aux jouets de marseille en général: http://www.lejouetdemarseille.com
Parmi ces fabricants de jouets de Marseille, on trouve également la marque "France Jouets", qui a produit aussi des PEUGEOT, et plus récemment la marque Provence Moulages, mais pour ce dernier
fabricant, peut-on encore parler de jouets? Un jour, peut-être, sur ce blog, je parlerai, nous parlerons aussi de ces deux fabricants.